Largement influencé par les productions américaines Rony préfère traduire son âme en français, loin des paillettes du « show-business », en contournant les codes des « Lovers » et autres clichés d’un certain Rn’B. Sur des instrumentations légèrement Hip-hop, parfois Electro, les ambiances Soulful de ses morceaux vous emporteront dans un voyage étrange, à la frontière d’un imaginaire d’enfant ou plus loin encore dans les tréfonds d’une conscience tourmentée d’adulte. Mais toujours avec le sourire... Là où certains s’acharnent à trop intellectualiser leur musique, pendant que d’autres donnent plus d’importance au style et aux « bling-bling », Rony préfère nous raconter la vie comme il la voit : simplement, poétiquement et avec beaucoup de positivisme ! Maîtrisant l’exercice périlleux de l’écriture de textes en français, Rony aime chanter, ou plutôt colorier des scènes de vie, tableaux du quotidien dans lesquels chacun peut se reconnaître. Il y cultive son côté « sale môme » surtout dans sa manière d’être mais aussi au travers de ses chansons où l’amour, le sexe, l’enfance, le soleil ou même le chocolat sont des thèmes qu’il aime aborder, avec une fraîcheur et une authenticité parfois déconcertante. A l’écoute du premier album vous réaliserez immédiatement l’importance des racines guadeloupéennes de Rony et martiniquaises de Morgan, le compositeur. Derrière ces origines créoles on décèle facilement l’Afrique et ses percussions ancestrales : presque omniprésentes sur l’album. Des interludes clairement importés des îles, des textes en créole aussi parfois, avec des références à leurs origines métisses et l’amour des îles… Voici donc un artiste multicolore d’une rare fraîcheur qui on l'espère saura retenir l'attention du jury et des lecteurs des Inrocks.